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Ces derniers temps, je suis allé à plusieurs reprises au nouveau Musée de Rochefort, le Musée Hèbre de Saint-Clément. Cà c'est un nom, un vrai ! Derrière cette appellation qui pourrait laisser croire qu'on n'est pas vraiment à l'avant garde, il y a une oeuvre d'architecte qui me plait énormément... Et je sais maintenant pourquoi.
L'architecte donc, Pierre-Louis FALOCI était là à l'inauguration du Musée le 15 décembre 2006, à 19 heures. Dans une ambiance étonnante de calme (la fin de chantier était du reste aussi assez sereine !) et en même temps d'affluence, Le Musée s'est rempli en un quart d'heure à peine. Tout le centre-ville a du fermer boutique pour venir !
Car le Musée est au centre-ville, dans la grande artère, à quelques dizaines de mètres de la place des "Demoiselles de Rochefort" et à peine plus loin du Musée Pierre Loti. A quelques rues de là, on se retrouve à la Corderie Royale sur les bords de la Charente en passant devant le Chantier de "l'Hermione". Bref, tout çà pour situer les choses... Un emplacement idéal.
Je savais pas au juste pourquoi ce Musée, à l'architecture pas si révolutionnaire en fait me plaisait. Si on décrit les choses simplement, c'est pas évident : on a gardé une façade et derrière la façade on a fait autre chose. Oui ... Mais là c'est pas pour juste garder une façade. La façade est surmontée par le toit de la construction intérieure, avec une saillie résolument moderne et tout çà marche à merveille dans une ville pourtant où tout date des 17e, 18e et 19e siècles. Alors ? Vous me direz, déjà les "Demoiselles de Rochefort", c'était un peu de çà. La plastique de la ville doit se prêter quelque part aux créations hors contexte historique, ces créations de "l'Ailleurs". Je sais pas si c'est la lumière saintongeaise ou celle de la côte atlantique ou autre chose... Mais c'est comme çà. J'attendais le speech de Pierre-Louis FALOCI, sans espèrer en savoir forcément plus. Ce fut tout le contraire, en quelques mots, il a donné des clés évidentes que je livre ici.
La façade, on ne l'a pas conservée avec pour seul objectif de respecter les contraintes des Monuments Historiques. Le Musée à l'intérieur, en retrait de la façade est délibérémment rendu très visible de la rue, à travers des baies vitrées qui ont pris la place des cadres de fenêtres extérieures. On a voulu que ce Musée soit transparent au delà de la façade et de fait de jour comme de nuit on voit très bien l'espace intérieur... C'est comme un clin d'oeil à la Maison de Pierre Loti, qui extérieurement serait indiscernable des autres maisons de la rue, s'il n'y avait une plaque, et qui, au delà de sa façade, une fois la porte franchie, se montre au visiteur et révèle un univers fantasmagorique incroyable.
Le dernier étage tout vitré, offre une vision panoramique sur toute la ville. Et là c'est un clin d'oeil au cinéaste Jacques Demy, "à son kiosque panoptique" où travaille la mère des Demoiselles, où de nombreuses scènes du film se déroulent et d'où la caméra a cette vision panoptique des façades tout autour de la place.
Il y a d'autres choses encore, parmi lesquelles ces étages qui sont comme des ponts de bateau d'où on a différents points de vue sur les oeuvres, jusqu'au dernier étage, celui de "l'Ailleurs" où on a créé une Salle Kanak dédiée à la culture mélanésienne avec des masques, des bambous gravés, des sculptures,... mais aussi des oeuvres d'artistes Kanaks contemporains commandées tout récemment pour Rochefort ...
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